C’était la demande qui revenait le plus souvent dans les messages reçus depuis la sortie de l’application Windows : « pourquoi Windows me dit que l’éditeur est inconnu ? ». À partir de la version 1.8.0, disponible dès aujourd’hui, la réponse change : l’installeur de Correctify est signé numériquement et horodaté. Voici ce que cela veut dire concrètement, sans jargon, et ce que vous devriez voir désormais sur votre écran.

Une signature numérique, c’est un sceau de cire moderne

Autrefois, on fermait une lettre importante avec un cachet de cire frappé du sceau de l’expéditeur. Le destinataire savait ainsi deux choses : qui avait envoyé la lettre, et qu’elle n’avait pas été ouverte en chemin. Une signature numérique fait exactement la même chose pour un programme.

Un certificat de signature de code est délivré par une autorité de certification, après vérification de l’identité de la personne qui le demande. Avec ce certificat, l’éditeur appose sur son programme une signature mathématique qui dépend de chaque octet du fichier. Windows la vérifie à l’ouverture : si le fichier a été modifié d’un seul bit après la signature, celle-ci devient invalide et Windows le signale. Si elle est valide, Windows affiche le nom de l’éditeur, tel qu’il a été vérifié par l’autorité.

Ce qui change pour vous

1. Windows affiche un éditeur, plus « Éditeur inconnu ». Dans la fenêtre de contrôle de compte d’utilisateur qui s’ouvre au lancement de l’installeur, la ligne Éditeur indique désormais un nom qui commence par « Open Source Developer », suivi du nom de l’auteur du projet, celui que vous trouverez sur la page open source. Si vous voyez cette mention, le fichier vient bien d’ici et n’a pas été altéré.

2. Les mises à jour automatiques sont vérifiées. L’application se met à jour toute seule en arrière-plan. Depuis la 1.8.0, elle contrôle que chaque mise à jour téléchargée porte la même signature avant de l’installer. Une mise à jour dont la signature ne correspondrait pas est refusée. C’est une protection supplémentaire contre un fichier qui serait remplacé en chemin.

3. Le téléchargement ne devrait plus être bloqué par le navigateur. Chrome et quelques autres refusaient parfois d’enregistrer l’installeur, avec un message « fichier dangereux », uniquement parce qu’il n’était pas signé. Un exécutable signé ne déclenche normalement plus ce blocage. La version .zip, qui servait de contournement, reste proposée sous le bouton de téléchargement pour les cas récalcitrants.

4. La signature est horodatée. Un service d’horodatage indépendant certifie la date de chaque signature. Résultat : elle reste valable même après l’expiration du certificat, qui se renouvelle chaque année. Un installeur téléchargé aujourd’hui sera toujours reconnu comme signé dans deux ans.

Comment cette signature a été obtenue

Correctify est un projet gratuit, sans publicité et sans abonnement, et un certificat de signature de code classique coûte plusieurs centaines d’euros par an. C’est pour cette raison que l’application n’était pas signée jusqu’ici, et je l’avais expliqué sans détour.

Ce qui a débloqué la situation, c’est le passage du code de l’application en open source, sous licence MIT. L’autorité de certification Certum propose en effet un certificat « Open Source Developer », réservé aux projets dont le code est public, pour une trentaine d’euros par an. La procédure n’a rien d’automatique : l’autorité a vérifié l’identité de l’auteur sur pièce officielle, ainsi que le lien entre cette identité et le dépôt de code, avant d’émettre le certificat.

Un détail qui compte pour la sécurité : la clé qui sert à signer n’est stockée sur aucun ordinateur. Elle vit dans un module sécurisé chez l’autorité de certification, et la session de signature ne s’ouvre qu’avec un code à usage unique généré sur le téléphone de l’auteur au moment du build. Même si la machine de compilation était compromise, personne ne pourrait signer un programme à sa place.

Soyons honnêtes : SmartScreen peut encore s’afficher quelque temps

Signer ne fait pas disparaître l’écran bleu « Windows a protégé votre ordinateur » du jour au lendemain. SmartScreen évalue une réputation, et cette réputation s’attache maintenant au certificat, plus seulement au fichier. Un certificat tout neuf part de zéro : pendant les premières semaines, l’avertissement peut donc encore apparaître, puis il s’estompe à mesure que les installations s’accumulent.

La différence avec avant est importante : cette réputation ne repart plus de zéro à chaque nouvelle version. Chaque mise à jour signée avec le même certificat en hérite. Et si l’écran s’affiche, vous avez désormais un moyen simple de vérifier : cliquez sur « Informations complémentaires » et lisez la ligne Éditeur. Elle doit commencer par « Open Source Developer ». Si elle indique « Éditeur inconnu », ce n’est pas la 1.8.0 téléchargée depuis le site officiel : ne l’installez pas.

Vérifier la signature vous-même, en trente secondes

Faites un clic droit sur le fichier téléchargé, choisissez « Propriétés », puis l’onglet « Signatures numériques ». Vous y voyez le nom du signataire et, en cliquant sur « Détails », la mention « Cette signature numérique est valide » ainsi que l’horodatage. Si vous préférez PowerShell, une seule ligne suffit :

Get-AuthenticodeSignature "$env:USERPROFILE\Downloads\Correctify Setup *.exe" | Format-List Status, SignerCertificate

Le champ Status doit valoir Valid. La section Sécurité de la page Windows rappelle le nom exact du signataire, et publie toujours le rapport VirusTotal et l’empreinte SHA-256 de l’installeur : la signature s’ajoute à ces vérifications, elle ne les remplace pas.

Ce qui ne change pas

Tout le reste. Correctify reste gratuit, sans compte et sans abonnement. Vous utilisez toujours votre propre clé API auprès du fournisseur d’IA de votre choix, et vos textes partent directement chez lui, sans passer par un serveur intermédiaire. Le code reste public et relisible par n’importe qui. La signature ajoute une garantie sur la provenance du fichier ; elle ne modifie ni le fonctionnement de l’application, ni ce qu’elle fait de vos données.

Comment passer à la 1.8.0

Si vous avez déjà Correctify, vous n’avez rien à faire : l’application se met à jour toute seule en arrière-plan et vous prévient une fois la nouvelle version installée. C’est la dernière mise à jour qui s’installe sans vérification de signature, puisque la version précédente ne savait pas encore la contrôler ; toutes les suivantes seront vérifiées.

Si vous découvrez l’application, rendez-vous sur la page de téléchargement. Et si vous n’avez pas encore de clé API, notre guide pas à pas vous en fait obtenir une en quelques minutes.