On relit son mail deux fois, on clique sur « Envoyer », et c’est une minute plus tard qu’on la voit. La faute. Celle qui était là depuis le début, bien visible, juste sous la formule de politesse. Trop tard.
Rassurez-vous : tout le monde fait des fautes dans ses e-mails. Même les gens très à l’aise avec l’orthographe. La bonne nouvelle, c’est que ce sont souvent les mêmes qui reviennent. En voici quinze, celles qu’on croise vraiment tous les jours dans les boîtes mail professionnelles, avec à chaque fois la version correcte et un petit moyen de s’en souvenir.
Les verbes qui perdent leur s
1. « Je me permet de revenir vers vous »
C’est sans doute la faute la plus fréquente de toute la correspondance professionnelle. À la première personne, le verbe prend un s : je me permets. L’astuce : remplacez par un autre verbe, vous n’écririez jamais « je me lance » sans s… enfin si, justement. Disons plutôt : vous n’écririez jamais « je prend ».
2. « Je vous joint le document »
Même piège. On écrit je vous joins, avec un s. Le t, c’est pour il ou elle : « elle vous joint le contrat ». Et son cousin « je vous transmet » suit exactement la même règle : je vous transmets.
3. « Je vous envoi le devis »
Ici c’est l’inverse qui piège : « envoi » sans e existe, mais c’est le nom (« l’envoi du colis »). Le verbe, lui, s’écrit j’envoie. Si vous pouvez mettre « je fais » à la place, c’est un verbe, donc « envoie ».
Les accords qui se font oublier
4. « Comme convenue lors de notre échange »
« Comme convenu » est une formule figée : elle reste invariable, quel que soit ce dont on a convenu. On écrit donc toujours comme convenu, même dans « comme convenu, voici la facture ».
5. « Veuillez trouver ci-jointe la facture »… ou pas ?
Celle-là est subtile. Placé avant le nom, « ci-joint » reste invariable : « vous trouverez ci-joint la facture ». Placé après, il s’accorde : « la facture ci-jointe ». Les deux phrases sont correctes, tout dépend de l’ordre des mots. Quand le doute s’installe, mettez « ci-joint » en tête et n’y pensez plus.
6. « Merci de m’avoir envoyer le dossier »
Le grand classique du er/é. Après « avoir », c’est toujours le participe passé : envoyé. Le test qui marche à tous les coups : remplacez par « prendre » ou « pris ». « Merci de m’avoir prendre le dossier » ne passe pas, donc c’est « envoyé ».
7. « Quelque soit votre décision »
En deux mots, et le premier s’accorde : quelle que soit votre décision, quels que soient vos délais. « Quelque » en un seul mot existe, mais pas devant le verbe être.
Les expressions déformées
8. « Je vous serais gré de bien vouloir… »
La formule vient du verbe savoir, pas du verbe être : je vous saurais gré. Littéralement, « je vous saurais reconnaissant ». Si la tournure vous semble trop fragile, « je vous serais reconnaissant de » rend exactement le même service, sans piège.
9. « Malgré que le délai soit court »
À l’oral, ça passe. À l’écrit professionnel, non. « Malgré » s’utilise avec un nom : malgré le délai court. Avec une proposition, préférez « bien que » : bien que le délai soit court.
10. « Au jour d’aujourd’hui »
« Aujourd’hui » contient déjà deux fois l’idée du jour (hui signifiait « ce jour » en ancien français). « Au jour d’aujourd’hui » la contient donc trois fois. Un simple aujourd’hui, ou « à ce jour », suffit largement.
11. « Entre autre »
On est toujours parmi plusieurs « autres », donc toujours un s : entre autres. Sa petite sœur « parmis » n’existe pas non plus : parmi ne prend jamais de s, lui.
12. « N’hésitez pas de me contacter »
Hésiter se construit avec à : n’hésitez pas à me contacter. La confusion vient sûrement de « ne manquez pas de », qui lui se construit bien avec de.
Les petits mots qui changent tout
13. « Voir même »
Quand on veut dire « et même », c’est voire, avec un e : « le projet prendra deux semaines, voire trois ». « Voir » tout court, c’est regarder.
14. « Une tache complexe »
Sans accent, une tache, c’est du café sur une chemise. Le travail à faire, c’est une tâche, avec l’accent circonflexe. Dans un mail de suivi de projet, la différence saute aux yeux du destinataire.
15. « Mr Dupont »
« Mr », c’est Mister, l’abréviation anglaise. En français, monsieur s’abrège en M. : « M. Dupont ». Madame donne « Mme », sans point. Un détail, certes, mais dans un courrier officiel il se remarque.
Pourquoi ces fautes comptent (un peu) plus qu’on ne le pense
Soyons honnêtes : personne n’a jamais perdu un client pour un « entre autre ». Le problème, c’est l’accumulation. Un mail qui cumule trois ou quatre de ces fautes envoie un signal de négligence, même involontaire, et c’est parfois la seule image que votre interlocuteur a de vous. À l’inverse, un message impeccable se remarque rarement… et c’est exactement ce qu’on lui demande.
La relecture aide, bien sûr. Mais on relit mal ses propres textes : le cerveau lit ce qu’il a voulu écrire, pas ce qui est écrit. C’est pour cette raison que la faute saute aux yeux après l’envoi, quand on relit son mail comme le ferait un lecteur extérieur.
Et si un correcteur relisait à votre place ?
C’est exactement le rôle de Correctify : vous sélectionnez votre texte dans Outlook, Word, Gmail ou n’importe quelle application Windows, un raccourci clavier, et l’IA corrige les fautes en laissant votre mise en forme intacte. Les quinze pièges de cette liste ? Elle les repère tous, y compris les accords retors du type « ci-joint ». L’application est gratuite et fonctionne avec votre propre clé API.
En attendant, gardez cette liste sous le coude. Rien que les trois premières, « je me permets », « je vous joins » et « j’envoie », couvrent probablement la moitié des fautes qui circulent dans vos fils de discussion.
