Depuis le premier jour, Correctify fonctionne avec votre clé API : vous collez votre clé, l’application reconnaît le fournisseur à son préfixe, et vos textes partent directement chez lui sans passer par nos serveurs. C’était simple, et ça le reste. Mais c’était aussi une porte un peu étroite : trois fournisseurs, un modèle par fournisseur, et rien à dire sur le sujet.

La version 1.9.0 ouvre cette porte. Les options de l’application Windows et macOS affichent désormais deux listes déroulantes : le fournisseur d’IA et le modèle. S’y ajoutent Mistral, OpenRouter, et surtout la possibilité de faire tourner l’IA sur votre propre ordinateur, sans clé et sans qu’aucun texte ne sorte de votre machine.

Si vous ne voulez rien changer, ne changez rien

Commençons par le plus important, parce que c’est ce qui concerne la majorité des utilisateurs. Google Gemini reste sélectionné par défaut, avec son modèle le plus économique, celui-là même qui était utilisé jusqu’ici. Si vous avez déjà collé une clé Gemini et que Correctify vous convient tel quel, la mise à jour ne vous demande rien : vous ne verrez que deux listes de plus dans les options, déjà remplies correctement.

La détection automatique n’a pas disparu non plus. Collez une clé, et le fournisseur se sélectionne tout seul : « AIza… » pour Google Gemini, « sk-ant-… » pour Anthropic, « sk-… » pour OpenAI, « sk-or-v1-… » pour OpenRouter. La nouveauté, c’est que vous pouvez désormais passer outre et choisir vous-même. Et si vous le faites, votre choix n’est plus écrasé par la détection.

Pourquoi ce changement, et le grain de sable qui l’a déclenché

Deux raisons, dont une plutôt désagréable.

La première est une demande d’utilisateurs. Elle revenait sous des formes variées, et l’une d’elles résumait bien le besoin : « j’utiliserais plusieurs solutions : Ollama et LM Studio en local, OpenRouter et Mistral comme fournisseurs, mais également des URL personnalisées comme LiteLLM ou celles de mes propres projets. » Difficile de répondre à ça avec trois préfixes de clé en dur dans le programme.

La seconde est un incident réel. Google a retiré un ancien modèle Gemini, du jour au lendemain, pour les clés API récentes. Résultat : des utilisateurs dont chaque correction échouait avec un message incompréhensible, et une seule issue, publier une nouvelle version de l’application. Corriger un nom de modèle ne devrait jamais demander de recompiler un programme et d’attendre que tout le monde se mette à jour.

C’est pour cette raison que la liste des fournisseurs et des modèles ne vit plus dans l’application, mais sur ce site. L’application la télécharge à chaque démarrage, et à chaque ouverture de ses options. Quand un fournisseur retire un modèle, il suffit de le retirer de la liste ici : il disparaît chez tout le monde, sans nouvelle version, sans rien à installer.

Le filet de sécurité : un modèle qui disparaît ne casse plus rien

Et si votre modèle est justement celui qui vient d’être retiré ? L’application s’en aperçoit au démarrage suivant, et vous remet automatiquement sur le modèle par défaut de votre fournisseur. Vous ne voyez rien, sinon que la correction continue de fonctionner. C’est exactement le scénario Gemini décrit plus haut, mais cette fois il se règle tout seul.

Ce filet connaît une exception volontaire : les serveurs locaux. La liste des modèles installés sur votre machine ne regarde que vous, et notre site n’en sait rien. Si vous utilisez Ollama avec un modèle que nous ne connaissons pas, personne ne viendra le remplacer par un autre.

Les fournisseurs disponibles

Google Gemini reste le choix recommandé pour démarrer, parce que c’est le seul avec une offre gratuite réellement suffisante pour un usage quotidien. Rien ne change de ce côté.

OpenAI et Anthropic (Claude) étaient déjà là et le restent, facturés à l’usage, pour quelques dixièmes de centime par correction avec leurs petits modèles.

Mistral AI fait son entrée. C’est le fournisseur français, pour qui préfère un modèle européen. Une particularité pratique : ses clés n’ont pas de préfixe reconnaissable, il faut donc le sélectionner à la main dans la liste « Fournisseur ». C’est précisément ce que la liste permet désormais.

OpenRouter entre également. C’est un intermédiaire : une seule clé, un seul compte, et l’accès aux modèles de dizaines de fournisseurs, chacun avec son tarif affiché. C’est la façon la plus économique d’essayer plusieurs modèles sans ouvrir un compte partout. Quelques modèles y sont même gratuits, avec des quotas limités.

Le guide des clés API détaille la marche à suivre pour chacun, étape par étape, avec les ordres de grandeur de coût.

Faire tourner l’IA chez vous, sans clé et sans facture

C’est le changement le plus intéressant pour qui tient à la confidentialité. L’application sait désormais s’adresser à un serveur d’IA qui tourne sur votre propre ordinateur. Dans ce cas il n’y a ni clé, ni compte, ni facture, et surtout : vos textes ne quittent jamais votre machine. Pas de fournisseur tiers, pas de conditions d’utilisation à lire, rien qui parte sur Internet.

Ollama est l’outil le plus répandu pour ça. Vous l’installez, vous téléchargez un modèle en une commande, puis vous choisissez « Ollama (local) » dans Correctify. L’application interroge votre serveur et vous propose directement la liste des modèles que vous avez installés : rien à taper.

LM Studio fait la même chose avec une interface graphique, plus accessible quand on débute. Activez son serveur local, sélectionnez « LM Studio (local) », et c’est réglé. Si vous avez changé le port, corrigez simplement l’adresse proposée.

Soyons honnêtes sur les contreparties : il faut un ordinateur un peu costaud, la correction est généralement plus lente qu’avec un service en ligne, et la qualité dépend entièrement du modèle que vous installez. Un petit modèle local corrige très bien l’orthographe, mais il sera moins à l’aise sur une reformulation subtile. À vous de peser ce qui compte le plus pour vos textes.

Votre propre adresse : LiteLLM, vLLM, vos projets

Dernière entrée de la liste, « Serveur personnalisé ». Vous saisissez l’adresse de votre passerelle compatible OpenAI, et Correctify va y chercher la liste des modèles disponibles. Cela couvre LiteLLM, vLLM, une instance Ollama sur une autre machine du réseau, ou l’API d’un projet à vous.

Un point mérite d’être dit clairement : cette adresse ne quitte jamais votre poste. Elle n’est pas envoyée au site, et pour une bonne raison, c’est souvent une adresse interne qui n’aurait aucun sens ailleurs. C’est aussi pour ça que cette entrée est la seule que vous configurez entièrement vous-même, sans passer par notre liste.

Choisir un modèle, concrètement

Chez un même fournisseur, les modèles se distinguent surtout par un arbitrage entre finesse et coût. Le petit modèle est rapide et coûte une fraction de centime ; le gros est plus subtil et coûte plusieurs fois plus cher. Correctify retient d’office le plus économique de votre fournisseur.

Ce choix par défaut n’est pas de la radinerie : pour corriger l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, les petits modèles font très bien le travail, et la différence avec un gros modèle est à peu près invisible. Elle devient perceptible sur les tons de reformulation, où un modèle plus puissant écrit avec plus de nuance. Si vous reformulez beaucoup, essayez un modèle supérieur ; sinon, gardez le défaut.

Une clé mémorisée par fournisseur

Un détail qui change la vie quand on compare : votre clé est retenue séparément pour chaque fournisseur. Vous pouvez passer de Gemini à OpenAI pour essayer, puis revenir, sans recoller quoi que ce soit. Les clés restent sur votre appareil, comme avant, et ne sont jamais transmises à Correctify.

Et les extensions Chrome, Firefox et Thunderbird ?

Elles ne changent pas. Tout ce qui précède concerne l’application de bureau Windows et macOS. Les extensions navigateur continuent de fonctionner avec une clé Google Gemini, OpenAI ou Anthropic, reconnue automatiquement, sans choix de modèle. Ce n’est pas un oubli : ce sont des programmes différents, avec des contraintes différentes, et il valait mieux le dire que le laisser deviner.

Au passage, quelqu’un s’est invité pendant les corrections

Cette version amène aussi Corry, la petite mascotte que vous croisez sur ce site, dans l’indicateur qui s’affiche pendant la correction. Il réfléchit avec vous, puis vous fait signe quand c’est prêt. Purement décoratif, et désactivable d’une case dans les options si vous préférez l’indicateur discret d’avant.

Comment en profiter

Si Correctify est déjà installé, vous n’avez rien à faire : l’application se met à jour toute seule en arrière-plan et vous prévient une fois la nouvelle version en place. Ouvrez ensuite les options pour découvrir les deux listes.

Si vous découvrez l’application, rendez-vous sur la page de téléchargement, et suivez le guide des clés API pour en obtenir une gratuitement en quelques minutes. Ou, si vous avez déjà Ollama sur votre machine, passez directement cette étape : vous n’aurez besoin d’aucune clé.